Revue Française de la recherche
en viandes et produits carnés

ISSN  2555-8560

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The future of animal products: improved quality management, more alternatives or cell-based products?

The agricultural sector faces many challenges, not least population growth and the resulting increase in demand for food (around 70%), while natural resources and arable land are limited. Against this backdrop, livestock production is highly criticized, particularly with regard to respect for the environment and animal life and welfare, but also with regard to the competition between animal feed and human food and the risks associated with excessive consumption of animal products, especially red meat and sausages. Criticism of animal agriculture and animal products has never been stronger, which explains the enthusiasm for alternative solutions such as plant proteins, insects and cell-cultured products. The first part of the session focused on cultured meat, examining a bibliometric analysis of scientific articles and consumer acceptance. The second part of the session focused on alternatives to animal products, including plant proteins, fermentation products, processed eggs and dairy products. The final part of the session focused on the quality management of conventionally farmed meat, underlining the importance of meat quality in meeting consumer expectations. This session therefore provided an opportunity to jointly examine the evolution of research into alternatives to animal products and the management of conventional meat quality, while highlighting the challenges and opportunities associated with these areas.

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Edito

Pour un débat rationnel sur l’élevage et la viande

Le déclin de la production française de viande bovine (qui se poursuivrait en 2024 pour la quatrième année consécutive selon les dernières projections (1) de l’Idele) a conduit pouvoirs publics et responsables professionnels à s’interroger ces derniers mois sur l’avenir de l’élevage en France, qu’il soit bovin, ovin, porcin ou avicole. Les différentes réflexions engagées ont toutes abouti à un même constat : la nécessité d’un débat rationnel sur l’élevage et la viande -en un mot, scientifique- afin que le secteur puisse enfin se projeter dans les prochaines décennies.
Missionnés par le ministère de l’Agriculture pour évaluer "les perspectives d’avenir des relations élevage et société", les experts du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) ont ouvert la voie en rendant l’été dernier un avis (2) recommandant l’ouverture d’un "débat national" visant à l’élaboration conjointe "par tous les acteurs, d’une vision consensuelle sur l’élevage à horizon 2050". L’avis suggère que l’organisation en soit confiée à une structure neutre, la Commission nationale du débat public, et propose que les perspectives et les objectifs qui en sortiront constituent "l’armature des politiques publiques à venir".
Plus récemment -le 14 janvier dernier-, c’était au tour du Conseil économique, social et environnemental (Cese) de formuler "douze propositions" pour inverser la tendance actuelle et redonner de l’attractivité au métier d’éleveur (3). Les recommandations sont organisées autour de trois axes : "renforcer, réorienter et mieux diffuser les travaux de recherche" ; "réexaminer les politiques publiques avant de proposer un grand plan national d’investissement et d’innovation" ; et enfin "sensibiliser les consommateurs". La rationalité, encore.
Entre ces deux avis, l’Académie de la Viande s’est prononcé sur la place de l’élevage et de la viande dans la société dans des termes comparables. Dans un "manifeste" publié en décembre dernier à l’occasion de son quarantième anniversaire (4), l’institution qui rassemble une cinquantaine d’experts professionnels des filières viandes, scientifiques, économistes, vétérinaires, écrivains, journalistes, etc. a appelé à "un débat éclairé et apaisé" sur la viande, dans un contexte de controverses à répétition sur l’élevage et l’abattage des animaux de rente. La modernisation de l’élevage et de l’industrie "a conduit à développer des techniques de sélection, d’alimentation et de confinement qu’il convient d’évaluer en termes de bien-traitance des animaux", reconnait par exemple l’Académie. Elle appelle à une réflexion d’ensemble sur ces sujets "pour que les professions des productions animales anticipent et proposent à la société les contours de l’élevage de demain".
Toutes ces initiatives nationales vont dans le sens de la Déclaration de Dublin qui vise à "donner la parole aux nombreux scientifiques du monde entier qui mènent leurs recherches avec diligence, honnêteté et succès dans différentes disciplines afin de proposer une vision équilibrée sur l'avenir des productions animales" https://www.dublin-declaration.org/fr/ Cette déclaration signée par plus de 1000 chercheurs rappelle les défis mais aussi les atouts des productions animales. Le prochain sommet international sur ce thème intitulé "The Societal Role of Meat & Livestock" aura lieu le 30 octobre et le 1er novembre 2024 à Denver (Etats-Unis).
Ce numéro de Viandes&Produits Carnés pourrait constituer notre contribution à ce débat "éclairé et apaisé" auquel invitent les différentes assemblées que nous venons de citer. Les six articles parus récemment constituent des comptes-rendus de quelques sessions marquantes du 74ème congrès européen des sciences animales (EAAP) qui s’est tenu à Lyon du 28 août au 1er septembre 2023. Ces publications invitent toutes, dans leur domaine, à identifier des démarches de progrès pour le secteur de l’élevage et de la viande. Les titres en témoignent : "Recherche sur la production et la qualité de la viande en Australie, Chine et France", "Classement des carcasses pour la durabilité de la filière viande bovine et ovine" ; "Produits animaux de bonne qualité et nouvelles technologies en élevage" ; "Avenir des produits animaux : davantage d'alternatives ou meilleure gestion de la qualité ?" ; et enfin "Bien-être et élevage du veau de boucherie". Bonne lecture.

Bruno CARLHIAN et Jean-François HOCQUETTE

(1) https://idele.fr/detail-article/previsions-viande-bovine-2024-la-production-baisse-encore-mais-moins-vite-quen-2023
(2) https://agriculture.gouv.fr/perspectives-davenir-des-relations-elevage-et-societe
(3) https://www.lecese.fr/travaux-publies/relever-les-defis-de-lelevage-francais-pour-assurer-sa-perennite
(4) https://academiedelaviande.com/wp-content/uploads/2024/01/Manifeste-de-lAcademie-de-la-Viande-231212.pdf