Revue Française de la recherche
en viandes et produits carnés

ISSN  2555-8560

L’élevage ovin dans les régions steppiques algériennes

 
L’élevage ovin, un atout pour le développement du territoire steppique algérien.

Cet article décrit une espèce connue depuis longtemps pour la pratique de son élevage, qui est l’espèce ovine connue également par la population algérienne des régions steppiques qui sont des régions à forte tradition ovine. L’espèce ovine présente en effet des atouts pour le développement des territoires steppiques.

INTRODUCTION

La consommation de produits carnés, constitue souvent le marqueur symbolique de groupes socioéconomiques spécifiques (Raude et Fischler, 2007). Si la consommation de viande a diminué au Nord de la Méditerranée (Ellies Oury et al., 2018), comme notamment en France durant cette dernière décennie, elle a cependant augmenté durant la même période au Sud de la Méditerranée, ceci s’explique par une évolution différente des préférences des consommateurs (Chikhi et Padilla, 2014). De plus, les modèles de consommation de viande rencontrés sur le pourtour Méditerranéen sont variés car on consomme plus de porc dans les pays du Nord, plus de viandes ovine et de volaille dans les pays du Sud (Fao, 2014, Marouby, 2003). Nous nous limiterons, dans le cadre de cet article, à l’Algérie, caractérisée par un arrière-pays steppique. Parmi les activités anthropiques, liées au territoire se trouve l’élevage ovin qui reste dominant dans les zones steppiques. Ainsi, nous nous sommes intéressés à une espèce connue depuis longtemps par la pratique de son élevage, qui est l’espèce ovine avec une importante population ovine dans les régions steppiques algériennes, des régions à forte tradition ovine (Sadoud, 2019).
Une grande partie du pays est constituée de terres désertiques (84%) et steppiques (8,4%), soit 92,4% de la superficie totale, le reste représente les terres du Nord. Sur ces régions règne un climat Méditerranéen dans la partie Nord et Saharien dans la partie Sud. Il s’agit d’une région aride à semi-aride. La pluviométrie est très faible dans la steppe, ne dépassant pas les 400 mm par an dans les régions steppiques, mais très élevée dans les régions du Nord. La pluviométrie constitue donc un facteur limitant pour les pratiques agricoles. Il en est de même pour la production ovine, qui dépend fortement de la ressource en pâturage (Deleule, 2016 ; Khaldi, 2014), elle-même conditionnée par la pluviométrie. Depuis longtemps, l’élevage ovin est fortement présent dans les traditions de la population Maghrébine. Ainsi depuis l’Antiquité, l’Algérie est une région où l’activité d’élevage domine. Elle était pratiquée par des populations humaines ayant plusieurs modes de mobilités (de manière générale, transhumance dans les steppes et nomadisme dans le désert), tandis que les populations sédentaires s’adonnaient aux pratiques culturales. À l’époque précoloniale, la transhumance était toujours très largement pratiquée dans les steppes. La culture sociale des peuples exerçant le pastoralisme se basait sur le système de tribu, appelée « Arch ». Ces peuples se caractérisaient par de fortes régulations, cohésions et solidarités communautaires, ainsi qu’un attachement important au territoire. De manière générale la viande la plus consommée par la population des régions steppiques est la viande, ovine, bien qu’elle soit concurrencée de plus en plus par la viande de volaille et de bœuf (Bisson et al., 2006 ; Taher Sraïri, 2011). Les régions Steppiques sont aussi appelées respectivement « le pays du mouton » par les populations de ces régions. Cette expression parle d’elle-même et nous indique qu’il s’agit d’un territoire qui a traditionnellement abrité des pratiques d’élevage ovin. Cet article de synthèse a pour objectif de montrer la place de l’activité ovine dans les steppes algériennes.

I. LA STEPPE ALGERIENNE, BERCEAU DE L’ELEVAGE OVIN


L’Algérie, qui couvre une superficie de 2 381 741 km², est le plus grand pays d´Afrique et sa capitale est Alger. L´Algérie est limitée au Nord par la Mer Méditerranée, au Sud par le Mali et le Niger, à l’Ouest par le Maroc, le Sahara Occidental et la Mauritanie et à l’Est par la Tunisie et la Libye. L’Algérie a été subdivisée en 48 Wilayas (départements), et actuellement en 2025 en 69 Wilayas, suite au nouveau découpage administratif (Journal officiel, 2026). Deux chaînes montagneuses importantes, l’Atlas Tellien au Nord et l’Atlas Saharien au Sud, séparent le pays en trois types de milieux qui se distinguent par leur relief et leur morphologie, donnant lieu à une importante diversité biologique. On distingue du Nord au Sud, le Système Tellien, les Hautes Plaines steppiques et le Sahara.
En Algérie, la steppe constitue une vaste région qui s’étend entre l’Atlas Tellien au Nord et l’Atlas Saharien au Sud, qui couvre une superficie globale de 20 millions d’hectares (Figure 1) et qui forme un ruban de 1 000 Kms de long, sur une largeur de 300 Kms à l’Ouest et au centre réduite à moins de 150 Kms à l’Est. Les limites de cette zone s’appuient sur les critères pluviométriques (entre 100 et 400 mm de pluie comme moyenne annuelle). La steppe couvre l’ensemble des hautes plaines (1000 à 1400 m d’altitude) sauf dans les zones basses, au niveau des chotts Zahrez et sebkhas (˂800 m).
La steppe algérienne qui s’étend sur 20 millions d’hectares, entre les frontières tunisiennes et marocaines et qui supporte l’essentiel de l’élevage ovin-caprin, avec environ 20 millions de têtes, couvre une grande partie de ce territoire (Figure 1).
Au cours des cinquante dernières années, la population humaine, la superficie cultivée et les effectifs des animaux élevés dans la steppe ont à peu près triplé (Bencherif, 2011).

Figure 1 : Aire de répartition des races ovines et localisation des types d’ovins en Algérie.
Source : GREDAAL, 2001.

En Algérie, le terme de steppe est adopté pour qualifier, du point de vue physionomique, la végétation des milieux arides et sahariens. La steppe algérienne est représentée par 4 principales catégories à déterminisme climatique et édaphique : steppe à alfa, steppe à armoise blanche, steppe à sparte, steppe à remth (buisson ligneux résistant à la sécheresse, à intérêt fourrager). Cette dernière occupe 3 millions d’ha, soit 15% de la superficie totale steppique. Les systèmes de production dominants en zone steppique y sont fondés sur la liaison étroite entre l’agriculture et l’élevage, où sont pratiquées les cultures orientées vers la satisfaction des besoins alimentaires des cheptels, constituant ainsi, un écosystème steppique devant permettre l’adéquation entre les ressources naturelles et les besoins de l’activité qui s’y pratique.
La steppe constitue dans quelques départements Algériens un berceau idéal où s'est développé et se développe un élevage ovin dominant extensif et dans les zones présahariennes un élevage caprin entretenu par des habitudes et des traditions sauvegardées de génération en génération. Ces élevages constituent les seuls revenus des habitants de la région. La steppe Algérienne abrite une population de 11 millions d'habitants (ONS, 2025). Le pastoralisme et l'agro pastoralisme constituent la principale activité économique des populations de la région steppique. Il existe une technique de rotation du cheptel dans ce berceau de l’élevage qui implique le déplacement rotatif des troupeaux sur des parcelles délimitées pour exploiter au mieux les parcours selon un rythme plus ou moins régulier lié à la végétation et aux conditions climatiques.

II. CARACTERISTIQUES DE L’ELEVAGE OVIN EN ALGERIE

La viande ovine revêt un caractère festif dans le sens où c’est un met que les maghrébins ont tendance à consommer collectivement lors d’une occasion spécifique, familiale ou religieuse. C’est notamment le cas lors de l’Aïd El-Kébir (Aïd El-Adha, fête du sacrifice), qui représente à lui seul près de la moitié des abattages annuels d’ovins, mais également pendant le Ramadan, les mariages, les festivals ainsi que diverses célébrations familiales, telles que les naissances ou autres événements festifs. Dans ces contextes, le méchoui (mouton rôti) est presque obligatoire dans les pays du Maghreb (Srairi, 2011). La viande de mouton est porteuse de fortes valeurs cultuelles, car elle possède une symbolique particulière dans les textes religieux. L’élevage ovin revêt non seulement une dimension festive et spirituelle, mais constitue également un véritable marqueur identitaire et culturel pour la population algérienne. Les races que l'on rencontre dans les régions steppiques où les espèces ont été domestiquées, ont été façonnées par des hommes qui, immergés dans un contexte aux multiples contraintes, ont su mobiliser leurs moyens et leur savoir-faire. L'influence des particularismes régionaux, du compartimentage géographique propre aux régions, les migrations humaines, l’activité commerciale, tout cela a favorisé la fixation de races locales qui présentent des caractéristiques spécifiques par rapport aux races d’autres régions d’Algérie (Bourbouze, 2018). Comme cela a été dit par (Audiot 1995, cité par Sarter, 2006), "La race n’est pas une entité statique, ni même une donnée naturelle, elle est le résultat d’une histoire". En effet, les populations animales se sont différenciées en types régionaux, plus ou moins homogènes, adaptés à un milieu climatique ou géographique et issus d’une sélection dite "naturelle".

Cependant, la Steppe Algérienne est considérée comme une région à forte tradition ovine. En 1950, les effectifs ovins se situaient aux environs de 4 541 000 têtes (Série économique, 2005). D’après les statistiques officielles Algériennes, l’Algérie compte aujourd’hui 31 millions de têtes d’ovins et produit 325 000 tonnes de viande ovine (ONS, 2024). La population ovine est répartie entre quatre principales races locales, à savoir "Ouled Djelleal", "Hamra", "Rumbi" et "D’men". Le reste de la production provient de trois races qui sont pour le moins secondaires. Il s’agit de la "Barbère" et la "Terguia" ou "Sidaho", une variante de race ovine, élevée au Sud du pays (Djaout et al., 2017). Ce sont des races particulièrement rustiques et productives (Chellig, 1992). Dans la plupart des régions du pays, une grande partie du cheptel ovin, se nourrit exclusivement de plantes aromatiques aux vertus médicinales, ce qui donne d’ailleurs un goût très appréciable à l’agneau Algérien. En effet, saveur et arôme sont les caractéristiques de la viande ovine Algérienne. Enfin, les différentes qualités de la viande produite (organoleptiques, sensoriels, sanitaires, hygiéniques, hédonistes…) sont autant de caractéristiques qui plaident pour que le label Algérien pourrait être développé. Pour toutes ces raisons, les races ovines Algériennes sont considérées comme un véritable patrimoine, car le mouton a toujours fait partie de la vie rurale et citadine des Algériens, notamment lors des différentes cérémonies comme les mariages et jour de l’Aïd El-Adha (fête du sacrifice).

II.1. Evolution de l’effectif ovin en Algérie

En Algérie, l’élevage ovin constitue une véritable richesse nationale très appréciée en raison de son cheptel important par rapport aux autres espèces animales et aussi particulièrement par la multitude des races présentes, ce qui constitue un avantage car cela contribue à la souveraineté alimentaire du pays (Dekhili, 2010).
D’après la Figure 1, l’effectif ovin a connu une évolution régulière, en passant de 23 millions en 2010 à presque 31 millions en 2021 de têtes, soit une augmentation de 8 millions pendant 13 ans (Figure 2).

Figure 2 : Evolution de l’effectif ovin (2010-2021).
Source : MADR, 2022

II.2. Evolution de la production de viande ovine (2009-2021)

La production de la viande rouge détient la part la plus importante dans la production animale, soit 56,6%. La viande ovine domine largement le secteur des viandes rouges, représentant environ 60 % de la production. Cette production impulsée par des prix de marché très rémunérateur est passé de 200 000 tonnes en 2009 à 350.000 tonnes en 2021, soit une augmentation de 150000 tonnes au bout de 13 ans (Figure 3). Cette croissance est le résultat de l'amélioration du poids de la carcasse due à un approvisionnement alimentaire plus satisfaisant et le recours aux races plus productives en ovin, tel que: la race Ouled Djellal réputée pour sa croissance rapide, sa carcasse lourde (60 à 70 kg, représentant 50 à 60% du cheptel national et la race Rumbi, considérée comme la plus lourde race ovine algérienne, avec des poids avoisinant les 90 kg pour le bélier et représentant 11% du cheptel national (Sadoud, 2019).

Figure 3 : Evolution de la production de viande ovine (2009-2021)

Ovins Algérie Sadoud Fig3

II.3. Evolution du prix du kilo de viande ovine (2014-2026)

Le prix à la consommation de la viande ovine a connu une stabilisation durant la période de 2014 à 2021. Cependant depuis 2022 le prix a connu une tendance à la hausse, passant de 10 à 22.5 €/kilo pour se stabiliser aux alentours de 21 euros (Figure 4). Cette accélération est due à différents facteurs :
- une forte demande générée par les catégories sociales à revenu élevé et les spécificités du marché algérien (sacrifices rituels de l’Aid et forte demande durant le mois de Ramadhan)
- un prix élevé des aliments du bétail.
- des exportations clandestines du cheptel à travers les frontières vers les pays voisins
- des rétentions de marchandises par certains acteurs importants sur le marché.

Figure 4 : Evolution du prix à la consommation du kilo de viande ovine (2014-2026)

Ovins Algérie Sadoud Fig4

II.4. Activité d’élevage des ovins

Jadis, la steppe était un vaste écosystème pâturé et partagé entre des tribus nomades. La végétation pâturée constituait la principale ressource alimentaire des animaux. La conduite des élevages reposait sur le nomadisme pastoral qui était commun à toutes les tribus de la steppe. Selon Bencherif (2011), cette mobilité se caractérisait par des mouvements pendulaires. En été, l’élevage pastoral ovin avec la grande transhumance traditionnelle se déplaçait vers le Tell (Achaba) et l’hiver vers le Sahara (Azzaba). Selon Belhouadjeb (2017), dans les régions steppiques algériennes il existe trois groupes d’éleveurs : les transhumants, les semi- sédentaires et les sédentaires.
Les transhumants sont obligés d’avoir recours à ce type d'élevage à cause du rapport défavorable entre la superficie des terres qu’ils possèdent et la taille importante de leurs troupeaux ovins élevés. Ils se déplacent de pâturage en pâturage en louant le droit d’accès quand ces pâturages sont privés ou en y accédant librement quand les terres concernées relèvent d’un statut juridique public. Traditionnellement, la transhumance était pratiquée par les pasteurs afin d’offrir à leurs troupeaux d’une part des pâturages d’été en se déplaçant au Nord tellien pour échapper au climat aride de la steppe, et d’autre part des pâturages d’hiver au Sud de la steppe afin d’éviter aux animaux le froid rude des zones steppiques. Le pastoralisme était donc fondé sur deux grands déplacements annuels par lesquels les éleveurs s’efforçaient de préserver leurs cheptels et de permettre la régénération des pâturages (Bensouiah, 2004). La migration des éleveurs semi-sédentaires n'est pas régulière. Leurs déplacements sont irréguliers et ils dépendent beaucoup du prix des aliments du bétail surtout lors des périodes de sècheresse. Ces pratiques assuraient un maintien équilibré des systèmes d’élevage (Bencherif, 2011, Kanoun et al., 2018).
Les sédentaires sont des éleveurs qui habitent dans leurs exploitations, possédant des terres Melk ou collectives et pratiquant l’élevage et/ou l’agriculture (Figures 5 et 6). Ils pratiquent l’activité éleveur-naisseur-engraisseur. Le mode de production pratiqué est basé sur l’élevage et agriculture (céréaliculture), qui, dans le même temps surtout leurs terres agricoles, sous forme Melk (propriétaire).

Figure 5 : Sédentarisation d’un éleveur d’une région steppique de Tiaret

Ovins Algérie Sadoud Fig5

Figure 6 : Sédentarisation d’un éleveur d’une région steppique de Tiaret (2)

Ovins Algérie Sadoud Fig6

III. LE MARCHE DE LA VIANDE OVINE EN ALGERIE

Le dynamisme du marché de la viande ovine en Algérie dépend du nombre et de l’activité des maquignons, des abattoirs et des circuits de commercialisation.

III.1. Pratiques de l’activité de maquignonnage dans la commercialisation des animaux

Le nombre des maquignons (collecteurs des animaux auprès des éleveurs) dans les régions Steppiques est inconnu. Les maquignons assurent la liaison entre le marché et les bouchers. Ils achètent les animaux sur pied (en gros) et les vendent également sur pied (au détail). Leurs stratégies consistent à déterminer le volume à proposer à l'échange en fonction des prévisions de prix sur les marchés (Zemour et Sadoud, 2021). A la demande des bouchers, les animaux seront acheminés vers les abattoirs. Selon la législation, ils doivent s'inscrire au registre du commerce et sont soumis à l'impôt sur le chiffre d'affaires, mais ils ne sont pas tous inscrits au registre officiel. Le maquignonnage est le circuit le plus développé et qui est le plus étendu à travers les régions. D'après une interview effectuée dans la région semi-aride de Chlef, auprès d'un maquignon ancien dans l'activité, il existe une catégorie spécifique de maquignons exerçant l’activité dans la région. Ils s’approvisionnent sur des marchés de zones steppiques et telliens généralement une fois par semaine pendant les jours ordinaires et 2 à 3 fois par semaine pendant les jours de fêtes. Leurs fournisseurs sont des éleveurs et d’autres maquignons qui se présentent le jour du marché. Le nombre d’animaux achetés par maquignon varie de 100 à 150 têtes composées de brebis et béliers (1/4) et d’agneaux et antenaises (3/4). Les animaux achetés seront transportés entre régions avec les propres moyens de transport que possède chaque maquignon. L’hébergement des animaux se fait dans des étables allouées à raison de 2000 DA/semaine (16,7 €), quel que soit le nombre et cela pendant 2 à 3 jours jusqu’à leurs acheminements vers les abattoirs des grandes villes (Alger et Boufarik), selon la demande des chevillards exerçant l’activité à l’abattoir. L’entente entre maquignon et chevillard se fait suivant le prix du kg de viande sur le marché que sera payé au comptant à chaque maquignon.

III.2. Place du maillon abattage dans la commercialisation de viandes ovine

La commercialisation en Algérie dépend très fortement des circuits intérieurs permettant d’acheminer le bétail des zones de production dans la Steppe pour les ovins vers les centres urbains de consommation au Nord (abattoirs). La gestion de ces derniers est assurée par les municipalités. Le transport des animaux vivants est réalisé avec des camions de transport du bétail, depuis les établissements d’élevage ou les marchés jusqu’aux abattoirs et tueries. Les clients des abattoirs demeurent les bouchers et les chevillards. Les chevillards sont présents dans les grands centres de consommation mais absents des centres de consommation moyenne (Sadoud, 2009).

III.3. Circuits de commercialisation des ovins

La viande ovine emprunte différents circuits bien distincts : (1) un circuit court : il s’agit d’un approvisionnement régulier des ménages en viande ovine avec des animaux abattus dans les abattoirs ruraux ou urbains et commercialisés par les bouchers auprès des consommateurs, des restaurants et des collectivités, soit entre 30 et 40% de la consommation totale de la viande ovine. (2) un circuit long : il s’agit d’un abattage des animaux dans les abattoirs municipaux des grandes villes, pour la consommation urbaine. Ce sont les chevillards installés dans les grands centres urbains, qui reçoivent les animaux finis ou non des différentes zones du pays, selon la période et selon la demande, transforment et vendent leurs carcasses, leurs abats et leur peau (Alary et Boutonnet, 2006).

CONCLUSION

"Pays du mouton", célèbre pour la qualité de ses parcours et de sa viande, la steppe algérienne a été pendant des siècles un vaste territoire partagé entre des tribus nomades pratiquant principalement l’élevage pastoral ovin. L’élevage ovin dans les régions Steppiques algériennes est connu pour ses viandes qui, semble-t-il, pour des raisons culturelles, sont appréciées par les populations de ces régions. Le mouton reste la catégorie d’animaux la plus abattue durant toutes les périodes de l’année surtout pendant les périodes de fêtes, ou il connait une forte demande. Mais, cette production ovine, qui dépend fortement de la ressource en pâturage, ce qui entraine le problème de l’adaptation de l’offre en viande, par la demande qui augmente de plus en plus. C’est un élevage qui s’oriente vers une modernisation technologique (traçabilité numérique du cheptel) et une sécurisation des filières pour l'Aïd. Face au changement climatique et à la dégradation des parcours steppiques, les perspectives reposent sur l'amélioration génétique et la pérennisation des races rustiques (notamment des races comme la Rumbi ou la El Hamra). Face à la forte demande en viande ovine durant les périodes de fêtes (notamment pour l’Aid) et pour stabiliser les prix, l’Etat diversifie ses sources d'approvisionnement par des importations.

Références

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