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La revue française de la recherche en viandes et produits carnés  ISSN  2555-8560

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Mise en relation des pratiques d’élevage avec les propriétés des carcasses et de la viande

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Une stratégie statistique intégrative pour le regroupement des bovins en classes de pratiques d’élevage et la caractérisation de leur potentiel carcasse et viande dans le cas de l’AOP Maine-Anjou

Une combinaison de plusieurs pratiques d’élevage caractérise les conduites au sein de l’AOP Maine-Anjou. Chaque pratique est susceptible d’influencer d’une manière objective au niveau individuel les caractéristiques de la carcasse et du faux-filet. Aujourd’hui, il est difficile de considérer la diversité des pratiques d’élevage appliquées tout au long de la vie de l’animal. Ainsi, il y a un intérêt croissant d’identifier des approches statistiques performantes afin de réduire l’information et de catégoriser les individus qui se ressemblent en termes de leur potentiel carcasse et viande.

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INTRODUCTION

Les propriétés sensorielles de la viande, que ce soit la couleur, la tendreté, la jutosité ou la flaveur, orientent les préférences des consommateurs et impactent leur achat (Font-i-Furnols et Guerrero, 2014 ; Gagaoua et al., 2016). De plus, les consommateurs deviennent plus exigeants et s’intéressent de plus en plus aux produits labellisés issus des signes de qualité (Van Ittersum et al., 1999; Van der Lans et al., 2001 ; Coulon et Priolo, 2002 ; Gragnani, 2013). Les conditions d’élevage des animaux intéressent aussi les consommateurs pour les garanties qu’ils y trouvent en termes de qualités sensorielles (Guillon et Juliot, 2001 ; Giraud et Amblard, 2003). L’origine de la viande, et en particulier la notion de terroir, est devenue le support d’une segmentation importante dans l’offre proposée. Parmi les signes de qualité reconnus en Europe, l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) se définit selon l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) comme un signe de qualité européen désignant un produit qui tire son authenticité et sa typicité de son origine géographique. En France, quatre signes de qualité de viandes bovines AOP sont reconnus, à savoir le Bœuf de Charolles, le Fin Gras du Mézenc, le Taureau de Camargue et la Maine-Anjou labélisée en 2004 (JORF, 2011).

L’AOP Maine-Anjou est une filière de qualité différenciée qui met en valeur une race locale (Rouge des Prés anciennement nommée Maine-Anjou) élevée selon le savoir-faire des éleveurs de la zone d’appellation. L'aire géographique au sein de laquelle se déroulent la naissance, l'élevage et l'abattage des animaux s'étend aux départements de l'Ille-et-Vilaine, de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Mayenne, de la Sarthe, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de l'Orne (JORF, 2011). Un cahier des charges définit les caractéristiques des carcasses éligibles, à savoir des carcasses de vaches qui pèsent 380 kg minimum et celles des mâles de 400 kg minimum et qui doivent être de conformation E, U, R, O et d’état d'engraissement de 3 ou 4 sur les grilles de classification EUROP (JORF, 2011). Par ailleurs, la viande de l’AOP Maine-Anjou doit répondre à des critères précis définis dans un cahier de charge relatif au persillé de sa viande, à une couleur homogène rouge intense, légèrement orangée, et à une bonne tendreté à la coupe (cf. JORF, 2011). Ces trois critères sont évalués à l’abattoir (note sur 5) sur la 5ème côte. Cette évaluation est ainsi favorable pour une bonne tendreté à la mastication en bouche avec une jutosité élevée et stable en fin de bouche (JORF, 2011). Cependant, une forte diversité de conduites de finition et de types de carcasses de vaches Rouge des Prés commercialisées existe au sein de l’AOP (Schmitt et al., 2008 ; Couvreur et al., 2013 ; Gagaoua et al., 2017a,b). C’est dans l’objectif de classification des pratiques d’élevage pour une meilleure caractérisation des potentiels de carcasse et viande des animaux que la présente étude a été entreprise. Cette étude n’avait pas comme finalité d’étudier l’effet objectif des facteurs d’élevage un par un sur les qualités carcasses ou viande, mais plutôt de combiner l’ensemble des facteurs et d’étudier l’impact combiné. Pour cela, nous avons commencé par le regroupement de 110 vaches élevées et issues de différentes exploitations au travers des informations liées à la vie de l’animal et à la période de finition afin de définir des classes de pratiques d’élevage. L’obtention des classes de pratiques est rendue possible en optant pour une stratégie statistique très peu utilisée en sciences animales, à savoir la classification k-moyennes (k-means) via l’analyse en composantes principales (Ding et He, 2004). Dans un second temps, une comparaison des propriétés des carcasses, des viandes et des caractéristiques musculaires des différentes classes de pratiques d’élevage a été effectuée.

 

I. METHODOLOGIE

La méthodologie suivie dans ce travail est brièvement décrite dans les parties ci-après. Pour plus de détails sur le protocole expérimental de la conduite des animaux ainsi que les méthodes d’analyses utilisées, les lecteurs peuvent se référer aux deux articles initialement publiés par Gagaoua et al. (2017a,b) dans Journal of Agricultural and Food Chemistry (2017) : numéros 17 et 37 du volume 65, pp 3569–3580 et pp 8264–8278, respectivement.

I.1. Animaux et abattage

Le présent travail a porté sur 110 vaches de l’AOP Maine-Anjou issues de différents élevages (Couvreur et al., 2013). Des informations sur les pratiques d’élevage des animaux ont été recueillies auprès de chaque éleveur via un questionnaire comportant des informations sur les pratiques liées à i) la vie de l’animal [Type (viande ou lait) ; poids à la naissance ; saison de naissance ; âge au sevrage ; durée du sevrage de l’animal ; âge à la première mise bas ; nombre de mise(s) bas et aptitude laitière] et ii) la période de finition [durée de finition ; fourrage distribué durant la finition (enrubanné, foin et herbe) ; quantité journalière du concentré ; quantité totale du concentré sur la durée de finition ; activité à la ferme et âge à l’abattage] (Gagaoua et al., 2017c). Ces informations ont été par la suite utilisées via une analyse en composantes principales pour identifier 3 types de pratiques d’élevages. Les animaux ont été abattus à l’abattoir Elivia (Lion d’Angers, 49220, France) dans des conditions d’abattage et de ressuyage standards.

I.2. Échantillonnage et caractérisation des carcasses, viande et muscles

Après abattage, la note de conformation EUROP et le poids de la carcasse ont été enregistrés pour chaque carcasse. La dissection de la 6ème côte a été aussi effectuée à 24h post-mortem avant de prélever des morceaux du Faux-filet (Longissimus thoracis, LT), un muscle mixte oxydo-glycolytique, pour l’évaluation des qualités de la viande [paramètres de la couleur, lipides intramusculaires et dureté par la force de cisaillement] et la caractérisation biochimique des muscles [pH ultime, taille des fibres, isoformes de chaînes lourdes de myosine, enzymes du métabolisme par la lactate déshydrogénase (LDH) et l’isocitrate déshydrogénase (ICDH) et dosage du collagène total et insoluble] en utilisant les protocoles décrits dans nos précédentes publications (Gagaoua et al., 2015 ; Gagaoua et al., 2016 ; Gagaoua et al., 2017a,b ; Gagaoua et al., 2018). L’ensemble de ces variables reflète l’état physico-chimique du muscle, leur propriétés métaboliques et contractiles et aussi celle de la matrice extracellulaire qui sont tous des déterminants de la qualité de la viande (pour revue voir Listrat et al., 2015). Ainsi, la maîtrise de la qualité des produits passe par une meilleure connaissance des caractéristiques des tissus constitutifs des muscles.

I.3. Analyses statistiques

Les classes de pratiques d'élevage ont été créées en utilisant une approche statistique basée sur l'analyse en composantes principales (ACP) couplée à une méthode de partitionnement non hiérarchique de données, k-means (Ding et He, 2004 ; Gagaoua et al., 2017c). Les 16 variables des pratiques liées à la vie de l’animal et à la période de finition ont tout d’abord été projetées après une analyse en composantes principales. Par la suite, une analyse de classification K-moyennes (k = 3) s’appuyant sur la variabilité expliquée par l’ACP a permis de séparer les animaux en 3 classes distinctes (meilleure classification obtenue en termes de séparation et distribution des individus). La classification k-moyennes est une méthode itérative qui génère un nombre spécifique de classes après une initialisation des centres consistant à tirer aléatoirement k individus, puis l’algorithme répète plusieurs opérations (itérations) jusqu’à la convergence au critère recherché. Cette méthode suppose un certain nombre de groupes, k, fixé a priori, et produit une séparation des objets en groupes sans chevauchement à l’aide de distances euclidiennes minimisées à chaque étape d'une procédure itérative. Nous avons donc procédé en utilisant les coordonnées des 5 premiers axes de l'ACP et ayant des valeurs propres > 1,0 pour la création des classes. Avant la classification, une normalisation des coordonnées des axes a été effectuée par calcul des scores Z (variables centrées et réduites) vu qu’il existe des effets associés aux unités différentes de chacune des variables. Il est très important d’effectuer cette normalisation (ou standardisation) afin d’obtenir des classes homogènes.
Sur les 3 classes de pratiques d’élevage obtenues, une analyse de variance (proc GLM du logiciel SAS 9.2) a été effectuée afin de les comparer en termes de i) données de pratiques liées à la vie de l’animal et à la période de finition, ii) caractéristiques des carcasses, iii) qualités des viandes et iv) caractéristiques des muscles, au seuil de signification de 5%.

 

II. RESULTATS ET DISCUSSION

La présente étude avait pour objectifs i) d’identifier des classes de pratiques d’élevage à l'aide d'une approche statistique multivariée et d’y associer un total de 110 vaches en exploitant des données représentatives de l’ensemble de la vie de l’animal, et ii) de comparer par la suite les classes de pratiques obtenues en termes de propriétés des carcasses, de qualités de la viande et de caractéristiques musculaires des individus correspondants.

II.1. Caractéristiques des trois classes de pratiques d’élevage identifiées

Trois groupes de pratiques d'élevage ont été identifiés par la stratégie statistique, ACP-k-means (Figure 1). Les groupes sont nommés pour simplifier la présentation des résultats ainsi que leur discussion, comme suit: Classe 1 = "Classe Foin"; Classe 2 = "Classe Herbe" et Classe 3 = "Classe Enrubanné", respectivement. L'utilisation de k-means a permis un bon regroupement des animaux (caractéristiques et effectifs comparables des classes) en fonction de leurs similitudes en termes des variables utilisées. Ainsi, les vaches AOP Maine-Anjou ont été affectées aux différentes classes selon les conduites appliquées comme on peut le voir sur les ellipses de l'encart en haut à gauche de l’ACP (Figure 1). La première classe (ci-après "Classe Foin") regroupe 44 jeunes vaches avec un type génétique plutôt lait, une finition au foin, une activité modérée et une faible aptitude laitière (Tableau 1). La deuxième classe (ci-après "Classe Herbe") est très différente des deux autres classes, et regroupe 30 vaches plus âgées avec un type génétique plutôt viande, une finition à l’herbe, une activité importante, et une bonne aptitude laitière. La troisième classe (ci-après "Classe Enrubanné") regroupe 36 vaches âgées avec un type génétique plutôt lait, un poids de naissance le plus élevé, une finition principalement à l’enrubannage, une faible activité et une aptitude laitière moyenne. L’ACP a été dans cette étude efficacement exploitée, en dépit de la faible variabilité expliquée par les deux premiers axes présentés (Figure 1), pour caractériser les 110 vaches. Elle a permis de réduire et de synthétiser l’information relative aux 16 variables liées à la vie de l’animal et à la période de finition en 5 axes explicatifs pour les utiliser simultanément afin de regrouper les vaches et ainsi identifier les pratiques d’élevages qui permettent ce regroupement. Cette conclusion rejoint les études antérieures qui ont utilisé efficacement l’ACP dans les recherches sur les qualités de la viande (Karlsson, 1992 ; Destefanis et al., 2000 ; Cañeque, 2004) ou d’autres études en relation avec l’animal (Valletta et al., 2017). Ainsi, le tracé des 5 axes avec des valeurs propres > 1,0 sur un axe cartésien, a révélé que les vaches pourraient être parfaitement discriminées avec la démarche ACP-k-means. Enfin, il est à noter que ce travail décrit une stratégie statistique prometteuse pour regrouper des animaux en fonction des pratiques par lesquelles ils sont issus en vue d’une gestion optimale des compromis entre les pratiques d’élevages, les caractéristiques carcasses et les qualités viandes. Au travers de cette étude, nous proposons l’ACP couplée à l’analyse K-moyennes, comme une stratégie originale pour une classification usuelle des animaux issus de différents élevages ayant le plus souvent des caractéristiques et objectifs différents en termes des qualités carcasses et viandes.

Figure 1 : Séparation des classes de pratiques d’élevages en utilisant l’approche statistique ACP-k-means pour la construction des trois classes à partir des données liées à la vie de l’animal et à la période de finition

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Tableau 1 : Comparaison des pratiques d’élevage liées à la vie de l’animal ainsi qu’à la période de finition des 3 classes de pratiques identifiées par l’approche statistique ACP-K-means

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II.2. Comparaison des qualités des carcasses entre les trois classes de pratiques d’élevage

La comparaison des caractéristiques des carcasses des vaches des 3 classes de pratiques d'élevage est présentée dans le Tableau 2. Les vaches de la classe Herbe ont des caractéristiques de carcasse très différentes de celles des classes Foin et Enrubanné. Il est reconnu que les pratiques de production, telles que le système d'élevage et plus particulièrement de finition des animaux, peuvent modifier les caractéristiques des carcasses en raison des différences de pratiques de finition et du régime alimentaire (Fiems et al., 2000). Néanmoins, les effets directs sur la carcasse ne sont pas faciles à évaluer. Les vaches AOP Maine-Anjou âgées et finies à l'herbe ont dans cette étude les notes de conformation carcasse, et ainsi que les poids de carcasses chaudes, de muscle LT et du gras de la 6ème côte, les plus élevés. Le renouvellement des protéines musculaires, qui peut être due à l’activité importante des vaches, a peut-être joué un rôle dans la forte muscularité des animaux (Garlick et al., 1989). Il a été rapporté que le renouvellement protéique joue un rôle prépondérant dans la croissance et développement musculaire des bovins (Moloney et McGee, 2017 ; Oksbjerg et Therkildsen, 2017). En outre, en raison de leur âge élevé, les vaches de la classe Herbe ont les propriétés des carcasses les plus avantageuses du point de vue économique pour les éleveurs qui, selon la classification EUROP, seraient mieux payés. Des études antérieures ont montré que les bovins finis au pâturage peuvent être engraissés aussi bien que ceux finis en feedlot (Bowling et al., 1977). Par ailleurs, il ressort de cette étude que la finition des vaches avec les mêmes quantités de concentré sur la durée de finition mais en les conduisant différemment, induit des effets significatifs chez les vaches de la classe Herbe uniquement. De plus, nos résultats montrent que la classe Herbe est plus adaptée aux propriétés carcasses de l'AOP Maine-Anjou (Tableau 2). Ainsi, cette pratique permettra aux éleveurs d’avoir des coûts de productions plus faibles. L’encouragement des éleveurs à opter pour cette pratique constitue aussi un atout pour satisfaire les consommateurs à la recherche de viande issue d’animaux finis à l’herbe (pâturage), une pratique perçue comme respectueuse de l'environnement.

Tableau 2 : Comparaison des caractéristiques carcasses entre les 3 classes de pratiques d’élevage identifiées

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II.3. Comparaison des qualités de viandes entre les trois classes de pratiques d’élevage

La comparaison des qualités de la viande entre les trois classes de pratiques d'élevage est présentée dans le Tableau 3.
La couleur de la viande est un facteur essentiel car c’est la première caractéristique perçue par le consommateur et souvent la seule dont il dispose pour choisir sa viande au moment de l’achat (Mancini, 2009). Dans la présente étude, il n'y a pas de différence de luminance (L*) entre la viande issue des trois classes de pratiques. Par contre, la viande des animaux finis au pâturage (Classe Herbe) est plus rouge (indices de rouge et jaune, saturation et angle de teinte les plus élevés) que celle des classes Foin et Enrubanné (Tableau 3). De plus, la différence dans l’indice de jaune (b*) est fortement significative, il est le plus élevé pour la classe Herbe. Ceci peut s’expliquer d’une part, par l’effet du régime alimentaire qui peut être le résultat de teneurs importantes en caroténoïdes pour la finition à l’herbe ; et d’autre part à l’amplification de l’oxydation dans la viande de ces vaches étant donné leur métabolisme oxydatif (Tableau 3). De plus, l’indice b* peut être une estimation du gras intramusculaire reflétant ainsi des valeurs plus significatives. Par exemple, il a été rapporté que la proportion en matière grasse est corrélée à l’oxydation de la viande, et donc avec sa couleur (Durand et al., 2012). Par ailleurs, ces résultats peuvent aussi être expliqués par d’autres paramètres tels que les marqueurs d’oxydation, comme la Superoxide dismutase (SOD1) et l’αB-crystalline (CRYAB) plus abondants dans le muscle LT de ces vaches (Gagaoua et al., 2017b). Néanmoins, les raisons directes de cet effet sont difficiles à évaluer car plusieurs facteurs peuvent interagir et être à l’origine de ces différences. Par exemple, Dunne et al. (2011) ont constaté qu’en raison d’une activité physique intense, ce qui est le cas dans cette étude (Tableau 1 & Figure 1), les animaux finis à l’herbe ont des teneurs plus élevées en myoglobine (Jurie et al., 2006), et donc une couleur plus foncée.
Les valeurs de la tendreté, estimées par la dureté évaluée par la force de cisaillement mesurée par le test Warner-Bratzler, sont similaires entre les 3 classes de pratiques d’élevage (Tableau 3). Nos résultats soulignent que les vaches des trois classes de pratiques d'élevage, caractérisées par des différences d'âge à l'abattage, des poids de carcasse et de variabilité individuelles zootechniques, ont les mêmes propriétés de texture de la viande. Ces résultats peuvent s'expliquer en partie par le respect d’une durée de maturation des morceaux de viande longue (14 jours) (Renand et al., 2001 ; Campbell et al., 2001 ; Gagaoua et al., 2013) et aussi le fait d’utiliser le muscle Longissimus thoracis très faible en collagène par rapport à d’autres muscles (Chriki et al., 2013). Par ailleurs, French et al. (2001) en accord avec nos résultats, n’ont trouvé aucune différence dans les forces de cisaillement de la viande de bœufs finis selon différentes pratiques, y compris au pâturage. Ainsi, ces résultats laissent supposer que, indépendamment des différences dans les pratiques d'élevage et les propriétés des carcasses, les mêmes propriétés de texture des steaks peuvent être atteintes pour l’AOP Maine-Anjou après une durée de maturation de 14 jours et une cuisson à cœur de 55°C.
De la même façon que pour la tendreté, les teneurs en lipides intramusculaires (LIM) ne sont pas différentes entre les classes de pratiques (P > 0,05). Contrairement à nos résultats, il a été rapporté que les pratiques de finition, notamment l’engraissement à l’herbe, influencent la teneur en lipides (Varela et al., 2004). Nos résultats peuvent s’expliquer par les dépôts adipeux importants de la race Rouge des Prés (Couvreur et al., 2013). D'autre part, et en accord avec certaines recherches antérieures (Chriki et al., 2013 ; Gagaoua et al., 2016), des controverses existent quant au type de relation entre les LIM et les qualités sensorielles, ce qui explique l’absence de relation avec les qualités sensorielles dans notre étude (communication personnelle). En outre, une méta-analyse a montré que les LIM expliquaient une faible variabilité (4 – 5%) de la palatabilité de la viande de vaches et de taurillons (Chriki et al., 2013). Par contre, d’autres études ont rapporté des effets importants de la teneur des lipides, notamment sur la flaveur (Denoyelle, 1995).

Tableau 3 : Comparaison des qualités de la viande (couleur, tendreté et gras) et caractéristiques musculaires (contractiles, métaboliques et conjonctives) entre les 3 classes de pratiques d’élevage identifiées pour le muscle Longissimus thoracis

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II.4. Comparaison des caractéristiques musculaires du muscle Longissimus thoracis entre les trois classes de pratiques d’élevage

Les valeurs du pH ultime ne diffèrent pas entre les trois classes (P > 0,05). Elles se situent dans la fourchette normale décrite pour le muscle bovin (Jeremiah et al., 1991 ; Page et al., 2001 ; Gagaoua et al., 2017a), où les valeurs moyennes de chaque individu sont toutes inférieures au seuil critique de 6,0. L’effet du régime alimentaire sur le pH est controversé, car certaines études ont observé des effets significatifs (Holmer et al., 2009 ; Aviles et al., 2015) et d’autres aucun effet (Cooke et al., 2004). Il est donc difficile de proposer des conclusions générales et l’analyse au cas par cas s’impose dans ce cas de situation.
Concernant les propriétés métaboliques et contractiles du muscle Longissimus thoracis, seules les proportions des isoformes de chaînes lourdes de myosines IIA et IIX sont significativement différentes entre les 3 classes (Tableau 3). Les proportions des fibres glycolytiques IIX et oxydatives IIA sont respectivement, les plus faibles et plus élevées, pour les vaches de la classe Herbe. Ces résultats mettent en évidence une transition avec plus de fibres oxydatives (fibres IIA) au détriment des fibres IIX dans la classe Herbe, une conclusion en accord avec les études antérieures (Jurie et al., 2006). Ces résultats peuvent être la conséquence directe de l’effet du régime et de la conduite des animaux avec une activité physique élevée des vaches au pâturage (~94% pour la classe Herbe vs ~49% et ~27% pour les classes Foin et Enrubanné, respectivement), induisant ainsi une orientation des fibres vers un type intermédiaire plutôt que rapide. Cependant, aucune différence n’est observée pour la surface des fibres et les activités métaboliques LDH et ICDH. Par ailleurs, les teneurs en collagènes total et insoluble sont similaires entre les classes (P > 0,05). Ce résultat peut en partie expliquer les tendretés similaires observées pour les trois classes. De plus, les teneurs en collagène total observées sont supérieures à celles d’autres races allaitantes et sensiblement plus faibles que la race laitière Holstein (Couvreur et al., 2016), ce qui va dans le sens de l’attribution du caractère mixte à la race Rouge des Prés. La teneur en collagène insoluble est globalement proche de celle des races Charolaise, Limousine, Salers, Aubrac, Holstein et Blonde d’Aquitaine (Picard et al., 2012 ; Gagaoua et al., 2016 ; Couvreur et al., 2016). L’étude d’autres muscles de la carcasse de la AOP Maine-Anjou, mis à part le muscle Rectus abdominis qui a fait l’objet d’étude (voir l’article primaire de cette publication Gagaoua et al., 2017b) semble intéressant afin de vérifier l’influence des pratiques d’élevages sur les propriétés contractiles et métaboliques, et par conséquent sur leur potentiel viande.

 

CONCLUSION

Cette étude a mis en évidence que les pratiques d’élevage appliquées dans le cas de l’AOP Maine-Anjou au cours de la période de finition avaient un impact sur les caractéristiques de la carcasse et la couleur de la viande issue du faux-filet des vaches. Quelques caractéristiques musculaires du muscle Longissimus thoracis, en particulier les proportions de fibres oxydatives et glycolytiques, sont affectées et diffèrent entre les 3 classes de pratiques d’élevage identifiées. Il apparait qu’une pratique plutôt favorable pour les caractéristiques de la carcasse ne l’est pas forcément pour les propriétés sensorielles de viande, hormis la couleur. Il ressort de cette étude que la pratique d’élevage se caractérisant par une finition à l’herbe, malgré l’âge avancé des vaches concernées, aboutit à des carcasses plus conformées, ce qui est en faveur d’une augmentation de la rémunération pour les éleveurs. Cette étude a confirmé aussi que la finition des animaux à l’herbe influence la proportion de fibres oxydatives aboutissant à des viandes plus rouges mais avec une tendreté et une teneur en lipides intramusculaires similaires aux types de finitions foin ou enrubanné. Enfin, la démarche statistique ACP-k-means, appliquée pour la première fois dans cette étude, peut être envisagée pour d’autres types de données plus importants issus de différentes races et conduites pour un regroupement optimal des animaux en fonction de leurs pratiques d’élevages.

 

Remerciements :

Les auteurs tiennent à remercier le FEDER et la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour le financement du projet S3-23000846 qui vient en appui au projet FBEA (Filière Bovins Engraissement Auvergne-Rhône-Alpes) conduit en collaboration entre l'ARIA-ARA (Association Régionale des Industries Agro-Alimentaires d'Auvergne-Rhône-Alpes) et la Chambre Régionale d'Agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes et Coop de France. L’objet du présent article est de démontrer l’intérêt d’une stratégie statistique mise au point sur un jeu restreint de données de l’AOP Maine-Anjou, pour pouvoir l’appliquer ensuite à grande échelle sur la base de données du projet S3-23000846. Les auteurs remercient également l’ensemble des agents INRA Auvergne-Rhône-Alpes ayant contribué à cette étude, en particulier Didier Micol et David Chadeyron. Ce travail n’aurait pas pu être réalisé sans la contribution et l’aide de Ghislain Aminot et Albéric Valais de la S.I.C.A. Rouge des Prés, Domaines des rues, 49220 Chenillé-Champteussé et aussi de Guillain Le Bec de l’Ecole Supérieure d’Agriculture (ESA) d’Angers. Les auteurs remercient aussi l’appui du programme "Investissements d’Avenir" (16-IDEX-0001 CAP 20-25).

 

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